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Bonheur et neuro-médiateurs

Le bonheur, c’est subjectif, donc fonction des individus. Faites le test : demandez aux personnes autour de vous ce qu’est le bonheur pour elles.

Il en va de même pour le mot réussite. Chacun a sa propre définition, ou vision, du bonheur et de la réussite.

Mais quelle que soit la définition que chacun associe à ce mot, la majorité des êtres humains aspire au bonheur.

D’ailleurs, depuis quelques années, de nombreux magazines, livres, articles, traitent du bonheur et de "comment être heureux".

De même, sous l’impulsions des générations Y et Z et de leurs attentes en termes de bien-être au travail et d’équilibre vie perso / vie pro, est apparue, dans certaines entreprises, une nouvelle fonction « le Chief Happiness Officer ». La personne en charge est un véritable « responsable du bonheur » des collaborateurs des sociétés, car, un salarié épanoui est un salarié efficace !

Personnellement, compte tenu de mon back-ground plutôt scientifique (pharmacien) et de mon intérêt pour le fonctionnement du corps humain, j’ai choisi de traiter le sujet du bonheur sous l’angle des neurosciences, et notamment au travers des neuro-médiateurs (ou neuro-transmetteurs), associés au bonheur.

 

Le bonheur serait donc lié à un processus électro-chimique ?

 

En fait, quatre neuro-médiateurs sont sécrétés dès que notre cerveau se trouve en situation de « survie ». Ils procurent, chacun, un type de bien-être bien spécifique.

 

La Dopamine  

La dopamine traduit l’euphorie qui vient au moment où l’individu trouve ce qui correspond à ses besoins. Elle pousse à l'effort pour les atteindre et scanne le monde à la recherche d’objets et de situations qui paraissent agréables, en se basant sur les expériences passées. 

Plus la récompense est importante, plus le pic de dopamine sera élevé. Cependant, elle diminue chaque fois que la récompense semble acquise. Par exemple, trouver de la nourriture est plus simple qu’autrefois ; les pics de dopamine sont réduits pour l’alimentation et se déplacent vers des satisfactions plus complexes, dépendantes des buts de chaque individu, et moins corrélées aux besoins physiques essentiels. 

À l’inverse, perdre ce qui est considéré comme acquis, engendre des pics de colère et de frustration !

 

L’Endorphine 

Elle a, comme rôle principal, la réduction de la douleur physique afin de faciliter la fuite face à un danger et de retrouver ainsi la sécurité, même si nous sommes blessés. 

Cependant, il faut aller, volontairement, au-delà de ses limites physiques pour la ressentir et ressentir ce bien-être associé, si caractéristique. 

c’est pourquoi, lorsque vous faites du sport, l’endorphine vous permet d’aller plus loin à chaque fois. D’une part, vous ressentez moins la douleur et d’autre part, comme votre corps, au fil des séances, est de moins en moins douloureux car vos muscles ont pris l’habitude d’être sollicités et de travailler, vous devez forcer encore plus à chaque fois pour libérer ces endorphines. Elles sont comme des drogues, mais sécrétées par votre propre corps. 

L’endorphine, contrairement à la dopamine, n’a pas encore évolué. Elle reste cantonnée au domaine strictement physique, c’est pourquoi les douleurs psychologiques, quant à elles, semblent si insupportables.

 

L’Ocytocine 

Elle est libérée, lors de l’accouchement, à la fois chez la mère et chez son nouveau-né. Elle facilite le travail d’expulsion et la mise en place de la lactation. Et surtout, elle est primordiale dans la mise en place des liens d’attachement entre la mère et son enfant ou avec la personne qui prend soin de ce nouveau-né. C’est la théorie de l’attachement formalisée par le psychiatre et psychanalyste Bowlby, suite aux travaux de Winnicott. 

Car l’Homme (et les autres mammifères) n’est pas directement autonome à sa naissance; Il est fragile, dépendant, et il a besoin des autres pour survivre. C’est le rôle de l’ocytocine que de créer cet attachement durable ainsi qu'un sentiment de sécurité. 

Elle est également libérée lors de contacts physiques entre des personnes, permettant ainsi l’intimité.

Et encore, lorsque nous faisons partie d’un groupe d’individus, créant ainsi un sentiment de bien-être et d’appartenance au groupe.

D’ou l’intérêt, pour les entrepreneurs ou les dirigeants qui, souvent, se retrouvent bien seuls dans leur fonction, d’adhérer à des groupes permettant ainsi le partage et la rupture de l’isolement.

 

La Sérotonine 

Elle engendre la satisfaction, qui naît du fait d’être respecté et dominant. En effet, dans une optique de survie, avoir une importance dans le groupe permet d’avoir plus de chances de se reproduire et d’avoir accès à la nourriture et aux autres ressources. 

Ainsi, le cerveau incite, par l’intermédiaire de la sérotonine, à progresser en ce sens. Les animaux la recherchent inconsciemment, mais savent également prendre des positions de dominés pour éviter la souffrance et les risques d’une confrontation directe. 

Une hiérarchie naturelle s’instaure donc au sein des groupes sociaux : la soumission des autres augmente la production de sérotonine et son propre bien-être. Voir les autres progresser dans cette hiérarchie provoque donc souvent de la souffrance, car cela est perçu comme une menace, mais demeure toutefois très variable selon les individus. 

 

Alors, comment faire si tout cela est neuro-chimique ?

 

Peut-être commencer par prendre conscience que nous sommes les seuls responsables d'être heureux ou malheureux. C'est à nous de créer nos états internes de bonheur plutôt que d'attendre des autres qu'ils nous rendent heureux.

Et pourquoi pas, tout simplement, nous réjouir de ce que nous avons plutôt que de nous focaliser sur ce que nous n'avons pas. Car, ce sur quoi nous portons notre attention s'amplifie, alors choisissons avec soin nos zones d'attention et nos pensées. Au même titre qu'il est bien plus aisé d'avoir un jardin rempli de mauvaises herbes que d'avoir un magnifique jardin impeccable et fleuri à souhait, il est bien plus facile de laisser s'installer les pensées négatives que de générer, soigner, entretenir des pensées positives. C'est un vrai travail à plein temps ! Mais ne remplacez pas vos pensées négatives par des pensées positives, ce n'est pas si simple que cela, si cette pensée négative est installée depuis un bon moment, votre égo n'achètera pas nécessairement.

 

Si vous vous dites régulièrement "je ne suis pas un bon manager, je suis nul"

Ne cherchez pas à remplacer cette pensée négative par une pensée positive du type "je suis un bon manager", en la répétant x fois devant votre miroir !

Dites vous plutôt "j'ai l'intention de tout mettre en oeuvre pour être un bon manager", prenez des engagements et passez à l'action.

Cela demande du temps, du courage et de la persévérance pour inverser la vapeur, mais prenez soin de votre jardin intérieur si vous souhaitez être heureux.

 

Autre astuce : organiser nous même notre propre bonheur c'est à dire, lui laisser de la place dans notre existence en organisant nous-même des moments de bonheur.

Comment ça ? ce serait possible de planifier le bonheur ?  Et pourquoi pas ?

Pourquoi devrions nous planifier dans nos agendas que des activités professionnelles ou des activités personnelles pas sympas comme celle d'aller chez le dentiste par exemple ! Pourquoi ne pas planifier des moments dans votre semaine, voir dans votre journée, pour faire des choses qui vous font "kiffer" ? 

 

Et puisque tout est neuro-chimique, mettez un sourire sur votre visage plutôt qu'une tête renfrognée. En arborant un sourire, même si cela peut sembler difficile au départ, vous verrez que votre sourire s'agrandira car votre cerveau se dira "tiens, un sourire ! aujourd'hui il/elle a envie d'être heureux/heureuse, alors envoyons ce qu'il faut pour cela. Et d'un coup, la biochimie de votre corps tendra à vous mettre dans un état de bien-être. Deuxième avantage à mettre un sourire sur votre visage : votre sourire générera chez votre interlocuteur ou chez les personnes que vous croiserez, un sourire sur leur visage, car le sourire est communicatif, et mettra l'autre dans de meilleures dispositions vis à vis de vous.

 

Et si le bonheur c'était l'instant présent ? Le passé est passé, le futur n'est pas encore là, mais le présent, c'est maintenant, et c'est celui-là qu'il est important de considérer, vous ne trouvez pas ?  

Isabelle Racouchot

 

 

Et vous ?

  • Quels sont vos besoins dans l'instant présent ? 
  • Votre vie est-elle en adéquation avec ces besoins et avec vos valeurs ?
  • Quelles sont vos pensées récurrentes et devez-vous les écouter ?
  • Sur quoi portez-vous régulièrement votre attention ?
  • Comment faites-vous pour être heureux ?

Vos commentaires et partages sont les bienvenus !

Le bonheur n’est pas un long chemin inatteignable ou parsemé d'embûches. Pour passer à l’action, contactez Happy Leaders

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Les commentaires

GARCIA CECILE

Article très complet, et j'aime bien les questions à la fin qui ouvre sur notre propre développement.

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